Prendre soin de soi et développer son intériorité

Face à cette période de confinement troublante, on peut choisir la posture du verre à moitié plein : saisir l’occasion de cette retraite forcée, (pour beaucoup d’entre nous) pour développer son intériorité, cultiver son jardin intérieur et prendre soin de soi. Découvrir notre liberté dans le confinement, à l’intérieur de nous.

Cette interdiction de sortir ou de rencontrer nous met face à nous-même, face à nos limites, à nos stratégies compensatoires.

Alors, bien sur ce confinement c’est l’occasion de faire ce que nous n’avons pas le temps de faire habituellement, ranger, mettre de l’ordre, approfondir, réaliser nos tâches sans la pression habituelle. Cela réorganise notre rapport au temps. celui-ci devient élastique et nous permet de le considérer non plus comme un vieil ennemi, mais comme un ami.

Mais au-delà du “faire”habituel, cette situation d’arrêt obligatoire pour beaucoup, nous invite à ranger à l’intérieur de nous,  pour “être” davantage. Oser ne rien faire, se “foutre la paix”, pour écouter à l’intérieur et à l’extérieur de soi, en réinvestissant ses sens, en goûtant l’expérience. Face à l’injonction et aux conditionnements du “faire” boulimique, cette crise révèle l’anémie de l’être et ses conséquences sociales et environnementales. Cette absence de lien, d’unité avec nous-même et avec le vivant nous rend plus vulnérables.

Alors comment développer cette intériorité? En se mettant en état de présence, de ne rien faire, de vacance, en état d’écoute, de silence, de lenteur, en s’appuyant sur ses sens, ses sensations, en étant en lien avec la nature (si on a la chance de l’avoir près de soi) et en renouant avec soi. “Ce que l’homme cherche vraiment est de l’ordre du subtil et (…)le subtil est plus perceptible dans un univers de silence où tout est rare que dans un univers d’agitation où tout est surabondé” (Thomas d’Ansembourg Du Je au Nous).Développer son intériorité en prenant soin de soi, en instaurant des rituels de soin, des moments de vacuité, de ressourcement, parce que cet espace de sécurité et de conscience qu’est l’intériorité nous connecte à nos potentiels d’intuition, de créativité notre élan de vie, réveille notre boussole intérieure.

Entrer dans son puits, accéder à son intériorité, s’abandonner avec gratitude à la vie, quelqu’elle soit, nous connecte à nos ressources intérieures, nos compétences douces: intuition, empathie, communication, imagination et créativité, capacité d’adaptation. Bref, à cet inépuisable réservoir d’intelligence corporelle et émotionnelle qui est en nous.

La situation extraordinaire que nous vivons est stressante dans la mesure où elle est génératrice de bouleversements et d’incertitudes, vécue dans un climat d’insécurité, mais elle est intéressante car elle nous oblige à nous questionner et à nous réinventer pour faire face aux mutations nécessaires. Le psychiatre Frédéric Fanget écrit : “L’intolérance à l’incertitude représente un véritable danger pour l’équilibre psychique et l’aptitude au bonheur”. S’abandonner à l’intériorité et à la confiance en la vie, c’est là que réside le lien entre développement personnel et transformation sociale.

Valérie Sardin

Valérie Sardin est masseuse bien-être et anime des ateliers de gestion du stress pour les groupes et entreprise. Chez Biopulse, Valérie est formatrice en Massage Assis et co-directrice du Cursus Massage Bien-Être en Entreprise (reporté pour raisons sanitaires, nouveau calendrier en cours d’étude)

Cet article est publié initialement sur le site personnel de Valérie, Gaialibra. Il est reproduit ici avec sa permission.